Qui veut le « choc des civilisations » et la guerre de tous contre tous ?
Personne, et pourtant il est peu probable que nous soyons en route vers un monde apaisé, où règnent dialogue et fraternité. On sent bien que le monde va vers plus de tensions que de tolérance, sans réussir à stopper ce processus infernal malgré les déclarations humanistes qui fusent de toutes parts.
On a voulu annuler l’intolérance avec la tolérance au sens faible du terme, une tolérance passive – celle qui se confond avec de l’indifférence confortable, « à chacun ses opinions ».
Or la seule force qui peut s’opposer à l’intolérance, c’est une tolérance active, radicale. Une tolérance qui n’évite pas les conflits, qui ne « respecte » pas les opinions, qui ne protège pas les valeurs, mais les met en dialogue, révèle les puissances quintessencielles d’où peut sourdre à tout instant le conflit et le drame.
Assez de masques rieurs ! Assez de superficialité ! C’est la profondeur qu’il nous faut, voyons la beauté de descendre à l’intérieur des êtres, de leurs croyances… C’est cette exploration patiente et dangereuses de leurs abîmes et des nôtres qui seule permettra de dénouer les conflits et de trouver des solutions aux problèmes planétaires.
Le défi à envisager aujourd’hui est de cette ampleur : créer un nouveau mode de fonctionnement humain, individuel et collectif, conciliant ouverture d’esprit, capacité à intégrer des points de vue différents avec efficacité réalisatrice.
Je propose ici de rassembler, dans un mouvement d’esprit sans frontières, les électrons libres, adeptes de l’insatisfaction créatrice, esprits critiques ou éclectiques, individus non-appartenants ! Mais aussi les adeptes d’une vérité, qui veulent la tester…
Il ne s’agit pas de rester seulement sur le net mais de rendre possible un lieu singulier, sans équivalent connu, résumé du monde et de ses fragments conflictuels, où l’on peut rencontrer des islamistes et des sophrologues, des évangélistes et des partisans de Lucifer, des scientifiques et des adeptes du New Age, des jeunes des cités et des femmes du monde, des trotskistes et des bouddhistes, des troubadours et des gays…
Réunir des personnes de tous horizons n’est pas une fin en soi. Un tel groupe paradoxal d’individus libres, non-identifiés, quels buts peut-il poursuivre ?
L’effet transformateur des électrons libres
Dans des activités internes au réseau, chaque réseauteur pourra proposer des discussions à bâtons rompus sur tous sujets (l’amour, la politique, les religions, le devenir du monde...), des expériences inédites ou ludiques, des sorties, des rencontres avec des praticiens, des visites d’endroits insolites et de nouveaux milieux… Ou, plus subjectivement, explorer un sujet qui lui tient à cœur sans peur du jugement et de l’esprit normatif.
Le réseau pourra aussi organiser des connexions entre différents courants d’idées, proposer des débats contradictoires et méthodiques (voir article sur le débat méthodique) pour faire le tour des solutions proposées aux grands problèmes sociétaux ou philosophiques.
Pour plus d’exemples concrets, voir article Un réseau de la tolérance active, pour faire quoi ?
Dans l’idéal, il devrait exister des antennes du Réseau dans de nombreuses villes et de nombreux pays. Il constituerait alors un accélérateur de débats méthodiques (voir article sur le sujet) et de rencontres en vue d’avancer dans la découverte de solutions, et un outil de comparaison entre les différentes voies proposées à l’homme contemporain.
Ce Réseau se voudrait un laboratoire de l’ouverture d’esprit, du dialogue entre « adversaires », et un catalyseur de changements collectifs.
Même sans impliquer les masses comme le football, je fais le pari du pouvoir transformateur des minorités actives. De petits groupes peuvent impulser des changements collectifs importants, comme l’a bien montré Serge Moscovici dans ses travaux.
L’action d’une multitude de petits réseaux peut être efficace et devenir le germe d’un mouvement planétaire, pour expérimenter et mettre en œuvre la tolérance active avant qu’il ne soit trop tard.